Nvidia a perdu près de 1 400 milliards de dollars de capitalisation boursière depuis son record de clôture du 6 octobre, selon un calcul de Yahoo Finance publié le jeudi 5 novembre. Le titre a chuté d'environ 25 % depuis ce sommet et enregistre cinq semaines consécutives de baisse.
Ce jeudi 5 novembre a concentré une grande partie des dégâts. À son plus bas de la matinée, l'action chutait de plus de 9 %, effaçant près de 450 milliards de dollars de valeur en quelques heures et plaçant l'entreprise à environ 4 400 milliards de dollars, selon Yahoo. En cas de clôture à ce niveau, il s'agirait de sa plus mauvaise journée depuis la chute provoquée par DeepSeek, le modèle d'intelligence artificielle chinois, en janvier 2025.
Elle n'a pas été la seule. AMD, Micron et Arm ont enregistré des pertes à deux chiffres, tandis que Broadcom et TSMC ont chuté d'environ 10 %. L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie a atteint une baisse de 11,2 % — son niveau le plus bas depuis plus de six mois — et se situe à plus d'un tiers en dessous de son record de juin, selon Reuters et Yahoo Finance.
La politique de Washington, nouveau facteur de pression
Le déclencheur est politique. Les démocrates ont remporté les deux chambres du Congrès américain lors des élections législatives du mardi 3 novembre, et des candidats des deux partis ont mené campagne contre les centres de données, les bâtiments où fonctionnent les puces de Nvidia. Le Sénat a été proche d'adopter cet automne une loi obligeant ces centres à payer davantage pour l'énergie qu'ils consomment.
Reuters a rapporté que les investisseurs craignent que la victoire démocrate freine l'expansion de l'infrastructure de l'IA. Melissa Brown, directrice mondiale de la recherche sur les décisions d'investissement chez SimCorp, a déclaré que certains législateurs et gouverneurs élus cherchent à ralentir cette construction, bien qu'il « semble peu probable » qu'ils puissent l'arrêter complètement.
Les analystes de UBS estiment qu'environ 30 % de la capacité supplémentaire de centres de données prévue aux États-Unis pour 2028 pourrait être mise en danger par des pauses dans les travaux, selon Reuters.
Bruce Zaro, directeur général de Granite Wealth Management, a anticipé « beaucoup de résistance » à ces installations en raison de la pression sur le réseau électrique et les systèmes d'eau. Beaucoup ont déjà reçu l'autorisation, a-t-il dit, mais beaucoup d'autres restent à autoriser.
Une baisse qui précède le 5 novembre
La baisse n'a pas commencé avec les élections. Selon un décompte de Yahoo Finance de début novembre, les plus grandes actions de l'IA et des semi-conducteurs ont perdu environ 5 000 milliards de dollars de valeur depuis le 6 octobre. Nvidia et Alphabet, la société mère de Google, ont cédé près de 835 milliards de dollars chacune. Sur la même période, les 625 autres grandes actions américaines de l'échantillon ont totalisé environ 1 300 milliards de dollars.
Les doutes concernant le retour sur investissement de l'IA pesaient déjà sur le secteur. Le 30 octobre, CNBC a rapporté que Intel chutait de 25 % en raison d'une prévision de revenus faible et que Google avait connu sa pire séance boursière après avoir signalé une baisse de ses ventes publicitaires.
Le jeudi, le reste du marché a également été entraîné dans la baisse. Selon Reuters, le S&P 500 perdait 3,20 % et le Nasdaq Composite 4,95 % à 11 h 00 à New York. NBC News a indiqué que le Nasdaq était entré en zone de correction, c'est-à-dire une baisse d'au moins 10 % depuis son plus haut.
Une série de cinq semaines de baisse n'est pas courante pour Nvidia. Depuis son introduction en bourse en 1999, l'action a enregistré cinq semaines ou plus de pertes à 12 reprises, selon Yahoo. La plus longue a duré sept semaines, à l'été 2008.
La dernière s'est terminée en octobre 2022, un mois avant le lancement de ChatGPT. L'année suivante, l'action a quadruplé. Mais seulement dans cinq des 12 séries précédentes, l'action était plus élevée 13 semaines plus tard, et le pire cas a été en 2002, lorsqu'elle a perdu près des deux tiers de sa valeur l'année suivante.
Brian Gardner, de la firme Stifel, a déclaré à Reuters avant le vote au Sénat : « Il y aura des audiences au Congrès. Il y aura des enquêtes ».