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L'Iran a proposé à Oman une formule de trafic partagé pour rouvrir le détroit d'Ormuz.

Deux personnes consultent leurs téléphones dans un café avec vue sur les navires marchands dans le détroit d'Ormuz, le dimanche 12 juillet 2026, en face de Bandar Abbas, Iran (Razieh Poudat/ISNA via AP)

L'Iran a proposé à Oman une formule de trafic partagé pour rouvrir le détroit d'Ormuz, selon laquelle une direction de la navigation passerait par les eaux iraniennes et une partie du trajet dans la direction opposée resterait également sous cette juridiction, a rapporté ce mardi le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, à la télévision d'État.

Gharibabadi a expliqué que Téhéran avait rejeté une proposition antérieure de Mascate pour diviser les routes de transit entre les deux pays de manière égale. Le diplomate a soutenu que ce schéma ne répondait pas aux préoccupations de sécurité de l'Iran tant qu'une stabilité régionale à long terme n'était pas atteinte. Selon le vice-ministre, le détroit restera fermé si Oman rejette la nouvelle offre iranienne.

Le responsable a ajouté que Téhéran n'avait jamais reconnu la route sud, située le long de la côte omanaise, et qu'il avait officiellement informé Mascate de l'abandon du Plan de Séparation du Trafic, le schéma de navigation adopté par l'Organisation Maritime Internationale qui a ordonné pendant des décennies le passage des navires par le centre du détroit.

L'Iran justifie le rejet de ce plan par le fait que la voie se trouve majoritairement dans des eaux omanaises, ce qui, selon lui, l'empêche de surveiller efficacement les navires en transit. Gharibabadi a lié ce besoin de contrôle aux attaques qui, selon lui, ont été lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran à la fin de février, une affirmation attribuable exclusivement à son témoignage devant la télévision d'État.

Bateaux dans le détroit d'Ormuz près de la plage de Bandar Abbas, Iran, 27 juillet 2026 Razieh Poudat/ISNA/via WANA (Agence de Presse de l'Asie de l'Ouest) via REUTERS

Le détroit d'Ormuz sépare la côte iranienne de celle d'Oman et relie le golfe Persique au golfe d'Oman et à la mer d'Arabie. À ses 34 kilomètres de large au point le plus étroit, transitent près d'un cinquième du pétrole commercialisé dans le monde, ce qui rend toute dispute sur sa gestion directement pertinente pour les marchés énergétiques mondiaux.

La fermeture prolongée a réorganisé les flux commerciaux de la région. Les pays capables d'éviter le passage, comme l'Arabie saoudite à travers ses oléoducs vers la mer Rouge et Oman lui-même par sa position géographique, ont vu leurs revenus augmenter, tandis que l'Irak, le Koweït, le Qatar et les Émirats Arabes Unis, qui dépendent presque entièrement du détroit, enregistrent des pertes. La crise a également entraîné une augmentation des importations européennes de gaz naturel liquéfié en provenance de Russie, en raison de la crainte de nouvelles interruptions des routes énergétiques du Moyen-Orient.

La controverse actuelle s'inscrit dans des mois d'escalade entre l'Iran, les États-Unis et Israël. Téhéran a fermé le passage le 5 juillet, après qu'une trêve atteinte quelques semaines auparavant ait été rompue, ce qui a conduit Washington à rétablir un blocus naval sur les ports et les navires iraniens dans la zone. Depuis lors, des vice-ministres des Affaires étrangères d'Iran et d'Oman ont tenu des conversations techniques à Téhéran, la plus récente ayant eu lieu les 24 et 25 juillet, avec des avancées reconnues par les deux parties mais sans que la situation du trafic maritime ait changé.

Bateaux dans le détroit d'Ormuz, près de la plage de Bandar Abbas, Iran, 27 juillet 2026 Razieh Poudat/ISNA/via WANA (Agence de Presse de l'Asie de l'Ouest) via REUTERS

Gharibabadi a défendu la position iranienne comme une question de souveraineté et non de pression sur Mascate. “C'est une question de sécurité nationale et non d'intimidation, car lorsque le TSS était pendant 60 ans dans les eaux omanaises, nous n'avons rien dit”, a déclaré le vice-ministre, selon la même source télévisuelle citée par Reuters.

Le responsable a également averti que Téhéran ne permettra à aucun autre pays de participer aux opérations de déminage du détroit, même si Oman émet une invitation en ce sens. L'avertissement répond au risque de mines qui, selon des sources citées par des médias internationaux, a rendu l'ancien corridor central inutilisable et contraint les pétroliers à opérer sur des routes alternatives au nord et au sud du détroit.

Le Parlement iranien examine parallèlement une loi visant à renforcer le contrôle national sur Ormuz, tandis qu'Oman a cherché le soutien diplomatique de l'Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït et de l'Égypte pour progresser vers une solution négociée. La position de Téhéran, qui conditionne la réouverture complète à une redéfinition des routes en sa faveur, anticipe que la normalisation du trafic maritime dans l'une des artères énergétiques les plus sensibles de la planète continuera de dépendre du rapport de force politique entre l'Iran et les États-Unis, plus que d'un accord technique bilatéral avec Mascate.