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Dobles digitales y actores que nunca existieron: cómo la IA está transformando la industria para adultos

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L'intelligence artificielle peut désormais créer une personne qui n'a jamais existé. Elle peut lui donner un visage, une voix et une personnalité, et en faire un personnage capable d'interagir avec les utilisateurs. Elle peut également faire quelque chose d'encore plus disruptif : prendre l'identité d'une personne réelle et générer un clonage numérique qui continue à être actif même lorsque son propriétaire ne travaille plus.

La transformation n'est pas isolée : la pornographie a historiquement été l'un des premiers grands marchés pour différentes innovations technologiques. « Quand vous voulez qu'une technologie réussisse, elle doit d'abord être utilisée par la pornographie », a-t-il soutenu, en mentionnant le rôle du secteur dans l'adoption de nouvelles formes de consommation audiovisuelle.

Maintenant, l'intelligence artificielle pousse cette relation un peu plus loin. Elle ne permet plus seulement de produire du contenu plus rapidement ou de meilleure qualité, mais peut également créer le protagoniste : un personnage entièrement artificiel ou une représentation numérique d'une personne réelle pouvant interagir avec ceux qui paient pour y accéder.

Un double numérique qui continue à travailler

Le changement est particulièrement pertinent sur des plateformes où les créateurs produisent et commercialisent leur contenu. Pendant 2023, les créateurs ont reçu 6,6 milliards de dollars.

L'intelligence artificielle introduit maintenant une possibilité différente : que le créateur puisse continuer à générer des revenus sans avoir à produire personnellement chaque pièce de contenu. Une actrice peut cesser de produire du contenu, mais autoriser qu'une version artificielle d'elle-même continue d'interagir avec ses abonnés. Au lieu de vendre uniquement son temps ou sa présence physique, elle peut transformer sa propre image en un actif numérique qui reste disponible.

La disponibilité de ce type d'avatar présente également un avantage commercial. « Cet avatar ne vieillit pas, ne se fatigue pas, peut répondre 24/7 à tout moment », a-t-il souligné. Alors qu'une personne a des limites de temps et doit décider quand travailler, une représentation numérique peut rester active de manière permanente.

En Argentine, le marché fait face à ses propres difficultés. Pendant les derniers mois, la consommation a diminué et l'activité dépend en grande partie du dollar et de la demande, deux facteurs qui influencent les revenus des créateurs.

Quand le commerce consiste également à converser

La transformation ne se limite pas aux images et vidéos. Un des aspects les plus frappants du nouveau modèle est la possibilité de maintenir des conversations personnalisées avec les personnages créés par l'intelligence artificielle.

L'un des cas mentionnés est une plateforme qui combine IA et contenu érotique, ayant environ 400 000 utilisateurs et 250 créateurs, dont 90 % sont des femmes.

Les abonnements coûtent entre 5 et 30 dollars par mois, mais la chose la plus intéressante réside dans la manière dont les utilisateurs utilisent le service : près de 60 % des revenus proviennent des chats privés. « Les gens veulent converser avec vous », a résumé l'intervenant, en référence à une tendance qui pousse le modèle au-delà de la consommation de contenu traditionnel.

L'utilisateur ne paie plus seulement pour regarder une photo ou une vidéo. Il peut également le faire pour interagir avec un personnage qui répond aux messages, maintient une conversation et est disponible à tout moment. L'IA transforme ainsi l'interaction en partie intégrante du produit et permet qu'une expérience, qui nécessitait auparavant la présence d'une personne, puisse être automatisée.

Une industrie qui anticipe l'avenir du travail

Ce changement transforme l'industrie pornographique en une sorte de laboratoire pour observer les transformations qui pourraient s'étendre à d'autres secteurs. « L'industrie du porno devient un laboratoire inquiétant sur l'avenir du travail : que se passe-t-il lorsque une entreprise n'a plus besoin de vous embaucher parce qu'elle peut fabriquer une version numérique de vous ? », a-t-il questionné.

Cette question découle d'une possibilité de plus en plus concrète : qu'une entreprise puisse remplacer certaines tâches effectuées par une personne par une représentation artificielle capable de répondre, de produire du contenu ou d'interagir avec des clients. De plus, en ce qui concerne les avatars, la disponibilité permanente constitue un avantage que peu d'employés humains peuvent offrir.

Mais la technologie peut également devenir un outil pour les créateurs. La possibilité de licencier un double numérique permet à une personne de maintenir une source de revenus après sa retraite tout en gardant le contrôle sur l'utilisation de son image. Le problème survient lorsque ce contrôle n'existe pas.

Les limites des clones autorisés

La même technologie qui permet de créer un avatar avec consentement peut être utilisée pour produire du contenu sexuel avec l'image de quelqu'un qui n'a jamais autorisé sa création. Cela soulève un risque avec des cas de deepfakes non consentis qui ont déjà eu lieu.

Ce progrès des outils amène à discuter d'une question qui semblait difficile à envisager il y a quelques années : qui contrôle une version artificielle d'une personne et quels sont ses droits sur celle-ci. Une photographie peut être reproduite, mais un avatar peut générer du nouveau contenu, maintenir des conversations et développer sa propre présence.

L'industrie pour adultes est à nouveau l'un des premiers lieux où cette transformation devient visible. L'intelligence artificielle permet non seulement de créer des personnages qui n'ont jamais existé, mais aussi de générer des versions numériques de personnes réelles, capables de rester actives lorsqu'elles ne sont plus devant une caméra.

Et la question se pose : si une version numérique d'une personne peut travailler, converser et générer des revenus 24 heures sur 24, qui contrôle cette identité et quelle valeur peut-elle avoir lorsque la personne réelle cesse de travailler ?