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La dette des pensions se consolide comme le plus grand risque fiscal du Salvador en 2026, dit une institution financière anglaise.

Tableau noir avec un cadre en bois affichant le titre 'DEUDA PREVISIONAL DE EL SALVADOR', des chiffres et un graphique à barres en hausse. Un boulier et des documents empilés.

La dette liée au système de pensions s'est consolidée comme le principal risque structurel pour la durabilité fiscale du Salvador en 2026. Le dernier rapport de la finance anglaise Emerging Finance (EMFI) alerte que ce composant de la dette publique représentait 30,6 % du PIB en 2025, chiffre qui équivaut à près de 34 % de l'endettement total du Secteur Public Non Financier (SPNF). Selon l'analyse, “la pression que exercent les obligations prévisionales menace de renverser les avancées fiscales récentes”.

La réforme des pensions approuvée en 2022 par le gouvernement de Nayib Bukele a permis de réduire temporairement le déficit fiscal, en différant des paiements significatifs pendant quatre ans. Cependant, le rapport d'EMFI avertit qu'à partir de 2027, la reprise des obligations de paiement augmentera la pression sur les comptes publics. “Le soulagement obtenu après la réforme est limité dans le temps”, souligne le document, et anticipe que le déficit du SPNF, y compris les pensions, était de 2,9 % du PIB en 2025 et pourrait atteindre 3,1 % en 2026.

La dette de prévoyance du Salvador provient de la nécessité de financer le système de répartition étatique, après la transition d'un régime de capitalisation individuelle à un régime public. Cette situation a nécessité l'émission récurrente de titres de dette et d'obligations à long terme. Le rapport d'EMFI souligne que le poids croissant de ces obligations limite la capacité de manœuvre fiscale et complique la gestion de la dette totale.

La stagnation des négociations pour un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) est en partie attribuée à l'absence de progrès dans une réforme structurelle du système de pensions. Selon le rapport d'EMFI, il existe une probabilité de 65 % que l'accord avec le FMI reste bloqué jusqu'en 2026, tant que le problème de la prévoyance n'est pas résolu. Le document avertit que “la durabilité des finances publiques dépendra de la capacité politique à parvenir à un consensus sur une solution globale pour le système de pensions”.

Le Fonds Monétaire International (FMI) a signé un accord financier avec le Salvador en février 2025 pour 1,4 milliard de dollars sur une période de 40 mois, qui prévoit le respect d'une série d'engagements, parmi lesquels l'approbation d'une réforme des pensions et un ajustement fiscal.

L'impact sur la solvabilité et le financement

L'analyse d'EMFI souligne que la persistance d'un déficit de prévoiance élevé, dans un contexte de faible croissance et de pressions inflationnistes, peut aggraver les risques de solvabilité et augmenter la vulnérabilité financière du pays. “Les obligations prévisionales absorbent un pourcentage croissant des dépenses publiques”, avertit le rapport, ce qui réduit la marge pour répondre à d'autres priorités de développement.

Le document identifie également l'absence d'horizon de solution à moyen terme, ce qui génère de l'incertitude parmi les investisseurs et entrave l'accès au financement externe. Les marchés internationaux perçoivent l'absence de réformes comme un facteur de risque, ce qui se reflète dans les coûts de la dette souveraine salvadorienne et dans les recommandations de maintenir des positions prudentes sur les euro-obligations du pays.

Le rapport d'EMFI estime que, sans une intervention structurelle, la dette liée au système de prévoyance pourrait continuer à augmenter dans les années à venir, augmentant la probabilité d'épisodes de stress fiscal. L'analyse conclut que “l'agenda des réformes structurelles en matière de pensions sera déterminant pour la stabilité macroéconomique du Salvador au cours de la prochaine décennie”.