Intelligence artificielle · Actualité

7 de chaque 10 travailleurs au Pérou utilisent déjà l'IA Mais les entreprises ne sont pas encore prêtes à les former pour son utilisation.

L'intelligence artificielle fait déjà partie des activités professionnelles d'une large majorité de travailleurs au Pérou. Une étude préliminaire révèle que 71,3 % d'entre eux utilisent ces outils régulièrement, bien que leur incorporation avance plus rapidement que les mesures prises par les entreprises pour orienter leurs équipes.

Cette situation se produit alors que le pays évalue de possibles changements dans le cadre légal face à l'avancée de l'intelligence artificielle, de l'automatisation et de la robotisation. À niveau entrepreneurial, l'adoption de ces technologies montre également un fossé entre leur utilisation et la préparation nécessaire pour en tirer parti de manière adéquate.

La IA est déjà présente durant les journées de travail

Selon l'étude mentionnée, 71,3 % des travailleurs interrogés utilisent régulièrement des outils d'IA. Dans ce groupe, 25,9 % y recourent tous les jours ou presque, tandis que 45,4 % les utilisent plusieurs fois par semaine.

Cependant, l'utilisation de ces solutions ne correspond pas nécessairement à une stratégie définie par les entreprises. Seules 22,6 % affirment que leur entreprise dispose d'une politique d'utilisation de l'IA qui est communiquée activement. Un autre 13,9 % indique qu'il existe une politique, mais qu'elle est peu connue parmi les travailleurs.

La situation se reflète également dans la façon dont les organisations intègrent la technologie. Au Pérou, 54 % des entreprises utilisent déjà des outils d'IA, contre 45 % en moyenne régionale. Malgré cela, 62 % des dirigeants estiment que leurs organisations ne sont que partiellement prêtes à exploiter leur potentiel.

Formation et règles restent une tâche à accomplir

La préparation des travailleurs constitue un des principaux défis. À peine 18,9 % ont reçu une formation formelle sur l'utilisation sécurisée de ces outils. En revanche, 49,2 % n'ont pas eu de formation, bien qu'ils expriment le souhait de l'obtenir.

Parmi les obstacles rencontrés par les travailleurs pour incorporer l'IA, on note la privacy des données, mentionnée par 27,2 % ; le manque de formation, signalé par 26,2 % ; et les restrictions budgétaires, identifiées par 21,4 %.

La discussion ne devrait pas se limiter à établir de nouvelles règles pour ces technologies. “La conversation sur l'avenir du travail ne peut pas se concentrer uniquement sur les règles à créer pour l'intelligence artificielle, mais aussi sur la préparation des organisations à accompagner ceux qui l'utilisent déjà. La technologie avance rapidement, mais son adoption durable nécessite formation, politiques claires et gestion efficace des personnes.”

En outre, une grande partie de l'adoption est directement impulsée par les employés. Parmi ceux qui utilisent l'IA, 53,4 % le font via des comptes gratuits et 23,5 % paient personnellement un abonnement. Seul 23,1 % dispose d'une licence ou d'un abonnement financé par son entreprise.

Aider un travailleur à transformer les processus

Le prochain défi pour les entreprises ne se limite pas à faire en sorte que chaque employé utilise un outil d'IA pour accomplir ses tâches plus rapidement. L'évolution vise également des systèmes capables de remplir diverses fonctions au sein d'un même processus et de se coordonner entre eux.

La tendance se manifeste également à l'international. Selon une étude de Microsoft, 46 % des dirigeants interrogés indiquent que leurs organisations utilisent déjà des agents pour automatiser complètement certains flux de travail ou processus. De plus, 82 % prévoient de recourir au travail numérique pour accroître la capacité de leur main-d'œuvre au cours des 12 à 18 prochains mois.

Pour les entreprises péruviennes, le défi consistera à définir quelles activités peuvent être déléguées à ces systèmes, lesquelles nécessitent un critère humain et comment intégrer les deux capacités. Dans ce contexte, les Ressources Humaines devront adopter un rôle plus stratégique pour établir des critères d'utilisation, renforcer les compétences des équipes et gérer les risques associés à la technologie.