
Anthropic a annoncé ce jeudi une levée de fonds de série H de 65 milliards de dollars qui a porté sa valorisation à 965 milliards de dollars, selon Reuters. L'opération a élevé la valorisation de l'entreprise, selon Reuters.
La nouvelle valorisation d'Anthropic a explosé par rapport à février, lorsque l'entreprise a été valorisée à 380 milliards de dollars après une levée de 30 milliards de dollars, a rapporté Reuters. Dans le secteur, ce saut est un signe supplémentaire que les laboratoires de modèles et leurs investisseurs cherchent à entrer sur le marché public avec des métriques d'échelle — revenus, demande et capacité de calcul — qui justifient des valorisations de plus en plus élevées.
La série H a été dirigée par les sociétés d'investissement Altimeter Capital, Dragoneer, Greenoaks et Sequoia Capital, a indiqué Reuters. L'accord a également inclus 15 milliards de dollars d'investissements engagés auparavant par des entreprises “hyper-scalantes”, dont 5 milliards de dollars provenaient d'Amazon, a ajouté l'agence. Reuters a également noté que l'investissement a été complété par des partenaires stratégiques en infrastructure comme les fabricants de puces Micron, Samsung et SK Hynix.
Selon Reuters, Anthropic a déclaré que l'objectif du financement est d'élargir la capacité de calcul pour répondre à la demande du chatbot Claude et d'étendre ses produits. L'agence a également rapporté que l'intérêt pour le capital privé a coïncidé avec des discussions sur une éventuelle introduction en bourse, citant des investisseurs et des banquiers familiers avec l'entreprise.
Parallèlement, CNBC avait rapporté fin avril qu'Anthropic était en pourparlers pour lever de nouveaux capitaux. Ce précédent permet de mesurer le climat du marché, selon des investisseurs interrogés par CNBC : des levées de fonds d'une taille exceptionnelle et des négociations accélérées, avec des fonds qui rivalisent pour entrer tôt dans des entreprises déjà opérationnelles avec des revenus à grande échelle.
Anthropic a déclaré que son taux de revenus annuel avait dépassé 47 milliards de dollars début mai, selon Reuters, qui a cité un post de l'entreprise. Ce chiffre a été comparé à un taux de revenus annuel de 30 milliards de dollars au début de cette année et de 10 milliards de dollars l'an dernier, selon des rapports sur la croissance des outils de la famille Claude orientés vers la programmation.
La demande de Claude, la capacité de calcul et le rôle d'Amazon

Reuters a signalé qu' Anthropic a eu des difficultés à répondre à la demande ces derniers mois. Pendant cette période, l'entreprise a imposé des limites d'utilisation pendant les heures de pointe et a offert des incitations pour que certains clients utilisent plus de capacité en dehors de ces périodes.
Ce fait met en évidence une tension dans le secteur : l'augmentation des utilisateurs professionnels et des charges de travail agentiques (tâches plus longues et en plusieurs étapes) a accru la consommation de GPU et d'infrastructure à un rythme qui a pressé la disponibilité, même dans des entreprises soutenues par de grands investisseurs. Dans ce contexte, la levée de fonds vise également à conclure des accords de calcul et à maintenir l'expansion.
L'agence a ajouté qu'en avril, Amazon a déclaré qu'elle investirait jusqu'à 25 milliards de dollars dans Anthropic et que la startup s'est engagée à dépenser plus de 100 milliards de dollars en 10 ans dans les technologies cloud d'Amazon. Reuters a indiqué que ce plan s’ajoute aux 8 milliards de dollars qu'Amazon avait déjà investis.
Reuters a inclus un indicateur opérationnel peu commun dans les communiqués financiers : Anthropic a eu des problèmes pour répondre à la demande ces derniers mois.
Pendant cette période, l'entreprise a imposé des limites d'utilisation pendant les heures de pointe et a offert des incitations pour que certains clients utilisent plus de capacité en dehors de ces périodes, selon l'agence.
Ce fait souligne une tension qui traverse l'industrie : la croissance des utilisateurs professionnels et des charges de travail "agentiques" (tâches plus longues et en plusieurs étapes) pousse la consommation de GPU et d'infrastructure à un rythme qui dépasse la disponibilité, même pour des entreprises soutenues par de grands investisseurs.
Dans ce contexte, l'argent de la levée de fonds n'est pas seulement un signe de confiance : c'est aussi un instrument pour conclure des accords de calcul et maintenir l'expansion.
Reuters a également rappelé un point clé du lien avec Amazon : en avril, la société technologique a déclaré qu'elle investirait jusqu'à 25 milliards de dollars dans Anthropic, et que la startup s'est engagée à dépenser plus de 100 milliards de dollars en dix ans dans les technologies cloud d'Amazon. L'agence a ajouté que ce plan s'ajoute aux 8 milliards de dollars qu'Amazon avait déjà investis.
La comparaison avec OpenAI et la course vers le marché public

La comparaison avec OpenAI est liée à deux chiffres : 965 milliards de dollars pour Anthropic et 852 milliards de dollars pour OpenAI en mars, a rapporté Reuters. Ensemble, ces chiffres montrent l'ampleur des paris que le marché est prêt à faire sur des entreprises qui cherchent encore à consolider des avantages techniques, des contrats d'entreprise et un accès stable à la capacité d'entraînement.
Reuters a signalé qu'Anthropic et OpenAI envisagent toutes deux d'entrer sur le marché public, probablement dès cette année, afin de rassembler des ressources de calcul suffisantes pour faire fonctionner leurs services et entraîner de nouveaux modèles.
Ce mouvement est associé à un changement de phase : du cycle de levées de fonds privées record à une transition où la transparence et le contrôle public deviennent une partie intégrante des affaires.
Dans ce contexte, CNBC a affirmé qu'OpenAI se préparait à avancer avec des étapes formelles vers une offre publique initiale.
Pour l'heure, le fait vérifiable est l'annonce de la série H et ses conditions : montant, valorisation, investisseurs et destination déclarée des fonds.
La nouveauté est double : l'échelle de la levée de fonds — 65 milliards de dollars — et la valorisation qui en résulte — 965 milliards de dollars — qui réorganise le classement des entreprises privées d'intelligence artificielle et rehausse le seuil de référence pour de futures levées de fonds et d'éventuelles introductions en bourse.