
Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a commencé ce mercredi une visite officielle de deux jours en Inde dans le but de renforcer les relations bilatérales et de défendre un modèle d'intelligence artificielle « humaniste » fondé sur des droits.
Il est prévu que Sánchez profite de ce déplacement pour rencontrer le président Narendra Modi, ainsi que pour participer à un sommet international sur l'impact de l'IA où il détaillera la stratégie espagnole en la matière. Tout cela se déroule dans le cadre d'une offensive diplomatique visant à accroître la présence espagnole en Asie et à attirer des investissements dans des secteurs industriels clés.
Selon des sources du gouvernement rapportées par Europa Press, Sánchez a voyagé accompagné des ministres Luis Planas — ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation — et Óscar López — à la tête de la Fonction Publique et de la Transformation Numérique — ainsi que d'une représentation d'entrepreneurs espagnols spécialisés dans la technologie.
Parmi les priorités du voyage figurent tant l'ouverture de marchés pour des produits agroalimentaires, comme le vin et l'huile d'olive, que l'attraction d'investissements industriels dans les domaines de la technologie, de la défense et des énergies renouvelables.
Ce déplacement constitue la deuxième visite de Sánchez en Inde en dix-huit mois et marque la reprise des contacts de haut niveau après près de vingt ans sans qu'un chef de l'exécutif espagnol visite officiellement le pays asiatique. Le gouvernement entend approfondir les liens avec la région et, dans ce sens, il est prévu qu'à la fin de cette semaine, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, présente publiquement la nouvelle stratégie espagnole pour la zone Asie-Pacifique.
Sommet mondial sur l'impact de l'IA
L'agenda officiel comprenait une première rencontre cet après-midi avec des représentants d'entreprises espagnoles du secteur de l'intelligence artificielle à la résidence de l'ambassadeur d'Espagne en Inde. Pour jeudi, Sánchez participera à la plénière du Sommet Mondial sur l'Impact de l'IA 2026, où il détaillera les initiatives adoptées par son gouvernement pour promouvoir l'utilisation de l'intelligence artificielle tant dans le domaine des affaires qu'auprès des citoyens.
Lors de son intervention dans le forum international, le président plaidera pour un modèle de développement technologique plus humaniste et contrôlé, basé sur des droits, et réclamera que la réglementation de l'IA renforce cette orientation. Cette position s'exprime après plusieurs désaccords avec les soi-disant « technoligarchs », terme utilisé par des sources gouvernementales pour désigner les propriétaires des grandes plateformes technologiques.

Au cours des dernières semaines, Sánchez a promu l'initiative de interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans et a échangé des reproches avec Elon Musk — propriétaire du réseau social 'X' — à qui il a reproché, entre autres, que son outil d'IA Grok génère « du contenu sexuel illégal ».
Le gouvernement a également averti qu'il poursuivra les entreprises technologiques et leurs dirigeants qui ne supprimeront pas de leurs plateformes les messages de haine. Malgré ces désaccords, le président prévoit de maintenir, dans le cadre du sommet, des réunions avec des dirigeants de grandes entreprises technologiques et de leur exposer le modèle d'intelligence artificielle promu par l'Espagne.
Investissement industriel et défense comme axes de la relation
Dans le domaine économique, l'agenda prévoit la promotion des investissements industriels dans des secteurs productifs tels que la technologie, le transport et la durabilité, avec une attention particulière aux énergies renouvelables. Tant le secteur public que le secteur privé recherchent des opportunités de collaboration dans le domaine de la défense, à un moment où l'Inde intensifie ses efforts dans ce domaine et a montré un intérêt pour les capacités industrielles espagnoles.
Les sources consultées par Europa Press soulignent que le gouvernement maintient la plus grande discrétion sur le développement de ces négociations avec pour objectif de garantir leur succès, particulièrement après la décision de New Delhi l'an dernier d'attribuer à l'Allemagne un important contrat pour des sous-marins militaires pour lequel l'entreprise espagnole Navantia était en concurrence.