Plus de 30 grandes entreprises de secteurs aussi variés que la banque, le commerce de détail et la technologie ont annoncé des licenciements cette année tout en redirigeant leurs investissements vers l'intelligence artificielle, selon un relevement de l'agence Reuters mis à jour le 22 octobre.
La liste, mise à jour par l'agence au fur et à mesure des nouvelles annonces, inclut des suppressions allant de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers de postes, et couvre des entreprises des États-Unis, d'Europe, d'Australie et du Brésil.
La banque HSBC figure en tête de la liste : elle évalue une réduction jusqu'à 20 000 postes, soit environ 10 % de son effectif, dans le cadre d'une restructuration liée à l'adoption de l'IA. Amazon a confirmé en janvier 16 000 licenciements corporatifs dans le cadre d'une réorganisation attribuée à l'efficacité et à l'intelligence artificielle.
La banque, l'un des secteurs les plus touchés
Standard Chartered a annoncé en mai la suppression de plus de 7 000 emplois sur quatre ans, dans le cadre d'un plan d'optimisation opérationnelle impulsé par l'IA. Mizuho a indiqué en février qu'il supprimerait jusqu'à 5 000 postes sur une décennie dans le cadre d'une stratégie à long terme.
Barclays s'est joint au mouvement en octobre avec la suppression d'environ 5 000 emplois, soit 5 % de son effectif, touchant les domaines de support. Danske Bank et DNB, deux banques scandinaves, ont également annoncé des réductions de 420 et près de 400 postes, respectivement, qu'elles attribuent à l'utilisation accrue de l'automatisation.
Les géants technologiques réduisent aussi leurs effectifs
Microsoft a licencié en juillet 4 800 employés, soit 2,1 % de son effectif, touchant ses domaines commercial et Xbox. L'entreprise a indiqué dans une note interne citée par Reuters que l'IA a changé la façon dont les tâches routinières sont exécutées, bien qu'elle ait présenté ces suppressions comme un réarrangement des ressources.
Meta a supprimé plus de 1 000 postes dans sa division Reality Labs en janvier, passant du métavers aux appareils d'IA, et a ajouté 600 suppressions supplémentaires en octobre au sein de son laboratoire de superintelligence. La compagnie a également averti en mars que son effectif pourrait être réduit jusqu'à 20 %, tout en prévoyant d'investir 600 milliards de dollars américains dans des centres de données d'ici 2028.
Block, l'entreprise de paiements dirigée par Jack Dorsey, a supprimé en février plus de 4 000 postes, soit près de la moitié de son effectif, dans le cadre d'une restructuration centrée sur l'IA. Cloudflare, Snap, Pinterest et Autodesk ont également annoncé des réductions allant de plusieurs centaines à mille emplois liées à leur pari sur l'automatisation.
De l'industrie lourde au logiciel
Le chimiste Dow a licencié en janvier 4 500 personnes, soit 13 % de son effectif, dans le cadre d'une automatisation de ses processus de bout en bout. La chaîne de supermarchés Kroger a confirmé en octobre des suppressions corporatives d'environ 3 000 postes, également présentées comme une restructuration pour l'efficacité et l'IA.
L'australienne WiseTech Global, qui fabrique des logiciels de logistique, supprimera 2 000 emplois, soit près d'un tiers de son effectif mondial de 7 000 personnes, pour intégrer l'IA dans ses logiciels et ses opérations internes. La société a affirmé que certains projets qui prenaient auparavant six ou sept mois sont désormais achevés en un jour, selon Reuters.
British American Tobacco a annoncé en juin la suppression de 5 500 postes, avec le transfert de 3 500 autres rôles à des tiers, dans le cadre d'un plan de réduction des coûts basé sur l'IA qui touche près de 20 % de son effectif. Intuit, HP, SEB, Allianz, Atlassian et Fair Isaac (FICO) complètent la liste avec des suppressions allant de 500 à 3 000 emplois chacune.
Le cabinet de finances personnelles Intuit a supprimé en mai environ 3 000 postes, soit 17 % de son effectif, dans le cadre d'une restructuration opérationnelle mettant davantage l'accent sur l'IA. FICO, la firme qui calcule les scores de crédit aux États-Unis, a annoncé en octobre la suppression de 15 % de son effectif, soit environ 570 postes, afin de simplifier sa structure avec des flux de travail basés sur l'IA.
Meta maintient l'un des délais les plus concrets de la liste : la société devra définir avant 2028 si elle respecte l'investissement de 600 milliards de dollars dans les centres de données annoncé conjointement avec une possible réduction jusqu'à 20 % de son effectif.