Google a annoncé qu'il permettrait à 200 chercheurs européens d'accéder à ses modèles d'intelligence artificielle (IA) les plus avancés pour soutenir des projets scientifiques dans des domaines tels que la biologie, la génétique, les mathématiques et la météorologie.
L'initiative, présentée le mercredi 14 octobre lors d'un sommet sur l'intelligence artificielle à Dublin, en Irlande, prévoit également 3 millions de dollars de crédits de calcul pour faciliter le travail des équipes sélectionnées.
Les spécialistes seront choisis par la Commission européenne parmi les bénéficiaires du programme RAISE (Resource for AI Science in Europe), une initiative visant à élargir les ressources disponibles pour la recherche scientifique grâce à l'accès à la puissance de calcul, aux données, aux talents et au financement.
L'accord permettra l'utilisation d'outils développés par Google DeepMind et Google Cloud, notamment AlphaFold 3, AlphaGenome, WeatherNext, AlphaEvolve et AlphaEarth Foundations. Chaque système est orienté vers des problèmes différents, allant de l'étude des structures moléculaires à l'analyse d'informations génétiques, en passant par l'amélioration des algorithmes et la compréhension des changements planétaires à partir de données satellitaires.
Quels outils d'intelligence artificielle les scientifiques pourront-ils utiliser
L'un des modèles inclus est AlphaFold 3, conçu pour prédire la structure et les interactions des protéines et d'autres molécules biologiques. Cette capacité peut aider les chercheurs à comprendre les processus cellulaires et à étudier la manière dont différentes substances interagissent, une information pertinente pour la recherche biomédicale et le développement de médicaments.
Un autre outil est AlphaGenome, spécialisé dans l'analyse des séquences d'ADN et l'étude de la manière dont les variations génétiques peuvent influencer l'activité des gènes. Son utilité est liée aux recherches visant à mieux comprendre les mécanismes biologiques associés aux maladies et à d'autres caractéristiques des organismes.
Le package inclut également WeatherNext, une famille de modèles d'intelligence artificielle orientés vers les prévisions météorologiques. Ces systèmes peuvent contribuer à l'étude de l'évolution des conditions atmosphériques et aider les scientifiques à évaluer des scénarios possibles liés aux phénomènes météorologiques.
S'y ajoutent AlphaEvolve, un agent d'IA conçu pour développer et optimiser des algorithmes, et AlphaEarth Foundations, qui utilise des informations géospatiales et des données satellitaires pour représenter et analyser les caractéristiques de la surface terrestre. Ces outils élargissent les possibilités d'application de l'intelligence artificielle à des problèmes nécessitant le traitement de grandes quantités d'informations scientifiques.
Google allouera des ressources de calcul à la recherche européenne
En plus de l'accès aux modèles, Google fournira 3 millions de dollars en crédits de calcul. Cette ressource permettra aux équipes sélectionnées d'utiliser l'infrastructure de Google Cloud pour exécuter leurs projets.
La puissance de calcul est un composant essentiel de la recherche en intelligence artificielle, car certains modèles nécessitent de traiter de grands volumes de données et d'effectuer des opérations complexes. Pour certains groupes scientifiques, la disponibilité de ces ressources peut réduire les limitations techniques et économiques qui entravent le développement d'expérimentations.
Google a indiqué que l'initiative vise à accélérer l'innovation et à renforcer la compétitivité scientifique européenne. L'entreprise souhaite que les chercheurs puissent aborder des problèmes complexes avec des outils qui, autrement, pourraient être difficiles à intégrer dans leurs projets.
Qu'est-ce que RAISE et pourquoi est-ce important pour l'Europe
RAISE est une initiative de la Commission européenne conçue comme un institut virtuel pour réunir des ressources et faciliter la collaboration entre scientifiques et centres de recherche. Son objectif est de promouvoir à la fois le développement de nouvelles technologies d'intelligence artificielle et leur application pour résoudre des problèmes scientifiques.
Le programme fait partie de la stratégie européenne visant à intégrer l'IA dans la recherche et à réduire la fragmentation des ressources disponibles entre institutions et pays. Sa phase pilote est financée par le programme européen Horizon Europe, avec des fonds destinés à promouvoir des réseaux d'excellence et des projets scientifiques liés à cette technologie.
L'initiative de Google intervient à un moment où l'intelligence artificielle gagne en présence dans des disciplines allant des sciences de la vie aux mathématiques et aux sciences de la Terre. Cependant, l'accès à ces modèles ne garantit pas à lui seul de nouvelles découvertes : ses résultats doivent être évalués par des méthodes scientifiques, des données fiables et des validations indépendantes.
Avec cet accord, Google cherche à faciliter l'utilisation d'outils avancés par les chercheurs européens pour accélérer leurs travaux. L'impact dépendra des projets développés par les bénéficiaires et de leur capacité à transformer les prédictions et les analyses générées par l'IA en résultats scientifiques vérifiables.